Refus ou attribution insuffisante ? Les étapes pour contester une prestation liée à la surdité
Avant toute chose, il est utile de bien identifier la nature de la décision contestée. La majorité des prestations en lien avec la surdité est délivrée...
La surdité de perception, appelée aussi surdité neurosensorielle, est causée par une atteinte de l’oreille interne (cochlée) ou du nerf auditif. C’est la forme la plus fréquente, notamment chez l’adulte. Elle représente entre 85% et 90% des surdités selon l’OMS (OMS, surdités).
L’appareillage auditif ou, dans les cas les plus sévères, l’implant cochléaire, sont alors à envisager en fonction du diagnostic posé par l’audiogramme.
Dans la surdité de transmission, le problème se situe dans l’oreille externe ou moyenne : pavillon, conduit auditif, tympan, osselets. Elle concerne environ 7 à 10 % des surdités en France (Ameli.fr).
La surdité mixte résulte à la fois d’un souci de conduction du son (oreille externe ou moyenne) et d’une atteinte de la cochlée ou du nerf auditif. Cela se rencontre, par exemple, chez des enfants avec des otites répétées sur une oreille dont la cochlée est déjà fragilisée, ou chez des adultes présentant à la fois une otospongiose et une presbyacousie.
Cette forme demande donc un suivi pluridisciplinaire particulièrement attentif.
On parle de surdité unilatérale lorsqu’une seule oreille est atteinte. 3 à 6 enfants sur 10 000 naissent chaque année en France avec une surdité unilatérale profonde (HAS, 2019).
Un soutien pédagogique et des stratégies de compensation sont importants, surtout chez l’enfant en classe ou à la crèche.
Lorsque la perte auditive touche les deux oreilles, elle est dite bilatérale. Les impacts sont généralement plus marqués :
Dans ces cas, le diagnostic précoce et la prise en charge multidisciplinaire (orthophoniste, audioprothésiste, services spécialisés) sont essentiels.
On classe la surdité en fonction de la perte auditive mesurée en décibels (dB HL) sur l’oreille la plus atteinte. Voici le schéma généralement admis :
| Stade | Perte en dB HL | Description |
|---|---|---|
| Légère | 20-39 dB HL | Sons faibles ou lointains difficiles à entendre, gêne en classe ou en réunion |
| Modérée | 40-69 dB HL | Parole difficile à percevoir sans élever la voix ; recours fréquent à la lecture labiale |
| Sévère | 70-89 dB HL | Perception de la voix très atténuée ; mots perçus comme des chuchotements très lointains |
| Profonde | >= 90 dB HL | Seuls les bruits très puissants peuvent être perçus ; accès au langage oral très difficile sans aide technique ou code visuel |
Les besoins ne seront pas les mêmes : une surdité légère peut nécessiter des adaptations discrètes (positionnement en classe, appareils si besoin), tandis qu’une surdité profonde implique en général des solutions plus globales (appareillage spécifique, recours à la langue des signes ou à la LPC – Langue française Parlée Complétée).
Une surdité évolutive est une surdité qui progresse dans le temps. Elle peut apparaître à tout âge, mais de nombreux cas sont observés en lien avec :
Les signes d’alerte à surveiller :
Une surveillance ORL régulière et la réalisation d’audiogrammes sont souhaitables. La précocité de la prise en charge permet de limiter le retentissement social, scolaire ou professionnel.
La surdité brusque correspond au terme médical de « surdité subite ». Elle se manifeste généralement sur une seule oreille, en l’espace de quelques minutes à 72 heures. Elle touche jusqu’à 5 personnes sur 100 000 par an (Medscape).
C’est une urgence médicale: consulter rapidement un ORL (idéalement dans les 24-48 h) maximise les chances de récupération, qui restent variables (de 30 à 60 % selon la littérature spécialisée).
Il est donc essentiel de consulter rapidement au moindre doute, car plus la prise en charge est précoce, plus le pronostic auditif est favorable.
La surdité congénitale est présente dès la naissance. Elle concerne environ 1 à 2 enfants sur 1000, faisant d’elle le déficit sensoriel le plus fréquent en France (Orphanet).
La surdité acquise survient après la naissance, à tout moment de la vie.
Distinguer une surdité de perception d’une atteinte de transmission, comprendre la différence entre une surdité unilatérale et bilatérale, ou encore repérer une surdité évolutive : toutes ces nuances orientent l’accompagnement et favorisent un quotidien plus accessible. Dès la suspicion d’une gêne, il faut agir : informer l’entourage, consulter un spécialiste, et enclencher les démarches permettant un diagnostic précis.
Ces repères sont essentiels pour sensibiliser à la réalité des personnes sourdes ou malentendantes, et donner à chacun — enfant, adulte, parent ou professionnel — les meilleures chances de s’épanouir avec des solutions pensées pour chaque histoire de vie.