Comment le taux d’incapacité lié à la surdité est-il calculé ?
L’évaluation du taux d’incapacité liée à une surdité repose sur un référentiel national : le barème d’évaluation des déficiences et incapacités, publié en annexe du code de l’Action Sociale et des Familles (voir annexe 2-4 du CASF). Mais la commission, qui instruit chaque dossier, va également tenir compte du contexte : âge, parcours scolaire ou professionnel, autres troubles associés, environnement familial.
Les seuils « officiels » appliqués par la MDPH
- Surdité légère (20-40 dB) : générallement considérée comme non éligible à un taux d’incapacité significatif, sauf circonstances particulières.
- Surdité moyenne (40-70 dB) : le taux pourra varier de 20 à 50 %, selon l’âge et l’impact sur la communication.
- Surdité sévère (70-90 dB) : taux généralement de 50 à 75 %.
- Surdité profonde (au-delà de 90 dB) : la commission fixe habituellement un taux de 80 % ou plus, permettant l’accès à la plupart des droits.
Précision : ces seuils s’appliquent sur la meilleure oreille et sont modulés par la capacité à comprendre le langage oral, même appareillé. Par exemple, un enfant ayant une surdité profonde mais communiquant en LSF ou par LPC sera évalué différemment selon le degré d’autonomie.
Les critères qualitatifs pris en compte
- Compréhension du langage oral avec ou sans appareils auditifs : la capacité à percevoir et comprendre la parole (y compris appareillée) est analysée.
- Âge du bénéficiaire : un même degré de surdité n’a pas le même impact chez un jeune enfant non-oral, chez un adulte, ou chez une personne âgée.
- Utilisation des aides techniques : efficacité des implants cochléaires, prothèses auditives, ou autres dispositifs.
- Environnement familial, scolaire ou professionnel : isolement, besoins d’adaptation, qualité de l’accompagnement éducatif ou du soutien social.
C’est donc une évaluation globale, qui dépasse le simple chiffre de l’audiogramme.