Des réactions émotionnelles universelles, révélées par les études
Toutes les études convergent : quels que soient l’âge ou le contexte, une cascade d’émotions vient le plus souvent accompagner l’annonce d’une surdité. Selon le modèle de Kübler-Ross (initialement établi pour les personnes en deuil), ces émotions peuvent suivre un schéma similaire, parfois dans le désordre, souvent entremêlées.
- Le choc et le déni : C’est la première phase. Il arrive très fréquemment que l’on ne réalise pas immédiatement la portée du diagnostic. Chez les parents, ce choc peut être d’autant plus fort que la surdité n’était pas anticipée. La Haute Autorité de Santé estime que près de 80 % des familles se déclarent "sous le choc" lors de l’annonce.
- La colère et l’injustice : Vient souvent une phase de colère : « Pourquoi mon enfant ? », « Pourquoi moi ? ». La frustration, voire la révolte, prend parfois le dessus, y compris contre le corps médical si les réponses paraissent insuffisantes. Cette phase est d’autant plus marquée dans les familles qui ne connaissent pas la surdité.
- La tristesse, la peur et l’angoisse d’un avenir incertain : Les larmes, le sentiment d’injustice, la peur d’un quotidien bouleversé et la crainte de l’isolement (de l’enfant, du parent, ou de la personne sourde elle-même) sont rapportées dans la majorité des témoignages. Selon l’INSERM, 65 % des parents ressentent de la « déprime » dans les mois suivants l’annonce.
- L’acceptation et la recherche de solutions : Vient le moment où, progressivement, l’information est digérée et où l’on va chercher des réponses et des ressources pour avancer.
Il n’est pas rare de naviguer d’une étape à une autre, de revenir en arrière, ou de vivre plusieurs émotions en même temps. Ces réactions sont naturelles et dépendent aussi de l’accompagnement reçu autour de l’annonce.